Parti Québec Légitime

Programme du Parti Québec Légitime

Version 1.1 — 28 octobre 2026

Le Parti Québec Légitime propose un Québec souverain qui mise sur l'énergie, l'intelligence artificielle et la robotique plutôt que sur l'immigration pour assurer sa prospérité. L'État serait allégé par l'automatisation, financé par la consommation plutôt que par l'impôt sur le revenu, et soumis plus souvent à la volonté populaire.

Le programme compte dix axes. La souveraineté vient en premier, parce que la monnaie, la fiscalité et l'immigration en dépendent. Chaque mesure suit le même gabarit : l'objectif visé, les moyens, le coût et son financement, l'échéancier, puis les risques et les objections auxquelles nous répondons d'avance.

Les montants marqués « approximatif » sont des ordres de grandeur à valider avant publication. Les grandes orientations sont tranchées ; les paramètres encore ouverts, surtout en santé, et les données à valider figurent à la fin.

Vous avez lu le programme ? Signez-le, et dites-nous ce que vous pensez de chaque mesure : vos commentaires préparent la prochaine version.

Signer et commenter

Axe 0 — Souveraineté

0.1 Faire du Québec un pays

Objectif

Faire du Québec un pays reconnu au cours du premier mandat, sur la foi d'un mandat électoral clair : la majorité des votes déclarés valides à l'élection générale.

Moyens

Coût et financement

En 2024, Ottawa a prélevé 84,4 G$ au Québec et y a dépensé 111,1 G$, dont 11,0 G$ d'intérêts sur la dette fédérale attribués au Québec (Statistique Canada). L'écart est de 26,6 G$, ou 15,7 G$ sans les intérêts. Le calcul est contesté : avec les parts retenues par le Parti québécois (18,1 % des revenus fédéraux et 18,2 % des dépenses de programmes), le même calcul donne environ 16 G$, intérêts compris. 2024 est aussi une année de fort déficit fédéral : l'écart était de 16,2 G$ en 2022. Le Québec doit donc combler de 16 à 27 G$ par an, intérêts compris (approximatif). Sa part de la dette fédérale, au prorata de la population, représente environ 280 G$ (approximatif) ; ses intérêts sont déjà comptés dans cet écart. Les économies liées à la fin des chevauchements devraient le réduire.

Échéancier

L'élection générale tient lieu de référendum. Constitution québécoise dans les trois mois suivant l'élection, négociation avec Ottawa dès l'élection, transition sur deux à quatre ans. Sans la majorité des voix, le gouvernement applique les mesures du premier mandat et la question revient à l'élection suivante.

Risques et objections

Cet axe est la condition des mesures 2.1 (immigration), 2.2 (dotation Bitcoin), 4.1 (fiscalité), 4.2 (monnaie), 4.3 (gratuité universitaire), 6.1 (chèque santé), 8.1 (marché du carbone) et 9.1 (service national), ainsi que d'une partie de la 3.5 (gisement Old Harry) et de la 7.1 (fin du bilinguisme législatif imposé par l'article 133).

Commenter la mesure 0.1

Axe 1 — Démocratie et institutions

1.1 Plateforme référendaire vérifiable

Objectif

Un vote vérifiable par tout citoyen, sans avoir à faire confiance au gouvernement.

Moyens

Coût et financement

À chiffrer. Le décompte automatisé réduit le coût de chaque scrutin.

Échéancier

Projet pilote sur des consultations non contraignantes, puis référendums contraignants.

Risques et objections

La sécurité des appareils personnels, d'où le vote en bureau pour les scrutins contraignants ; la participation faible sur les sujets techniques.

Commenter la mesure 1.1

1.2 Rémunération des élus à la performance

Objectif

Lier le salaire des élus du gouvernement aux résultats obtenus pour la population, par une loi.

Moyens

Coût et financement

Neutre ou faible. Le salaire moyen d'un député du gouvernement reste égal au salaire standard si les cibles sont atteintes à moitié.

Échéancier

Loi adoptée la première année ; s'applique dès le premier mandat complet suivant l'adoption.

Risques et objections

Commenter la mesure 1.2

1.3 Protection du vote des personnes inaptes

Objectif

Empêcher qu'un vote soit exprimé au nom d'une personne qui n'est plus en mesure de faire un choix, par exemple en cas d'Alzheimer ou de démence avancée.

Moyens

Coût et financement

Négligeable. La mesure s'appuie sur des évaluations et des jugements qui existent déjà.

Échéancier

À fixer.

Risques et objections

Contestation possible au nom de la Charte québécoise et de la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Notre réponse : le contrôle judiciaire au cas par cas protège contre l'arbitraire.

Commenter la mesure 1.3

Axe 2 — Population

2.1 Fin de l'immigration permanente

Objectif

Aucune nouvelle admission permanente. Toute nouvelle entrée se fait sous statut temporaire. Les besoins de main-d'œuvre sont comblés par des permis temporaires et par l'automatisation (axe 3).

Moyens

Coût et financement

À chiffrer. L'effet sur la main-d'œuvre doit être compensé par les gains de productivité de l'axe 3.

Échéancier

Dès l'indépendance. Avant, dans les limites des pouvoirs actuels du Québec sur la sélection des immigrants.

Risques et objections

Commenter la mesure 2.1

2.2 Dotation Bitcoin pour chaque nouveau-né

Objectif

Donner à chaque enfant né citoyen québécois un capital de départ en Bitcoin, et encourager la natalité.

Moyens

Coût et financement

Environ 38 M$ la première année, en hausse graduelle jusqu'à environ 800 M$ par an à la 21e année, sur la base d'environ 80 000 naissances (approximatif, à valider avec l'ISQ). Aucun passif futur : l'État ne garantit pas la valeur. Financement : les intérêts des obligations de la caisse d'émission (4.2), d'environ 1 G$ par an selon les taux (approximatif), qui couvrent la dotation même à maturité. La taxe à la consommation complète si les taux d'intérêt baissent.

Échéancier

À l'indépendance, une fois la caisse d'émission (4.2) en place ; première cohorte l'année suivante.

Risques et objections

Commenter la mesure 2.2

Axe 3 — Économie de l'avenir

3.1 Énergie et centres de données

Objectif

Faire du Québec un pôle de puissance de calcul alimenté par une électricité propre.

Moyens

La séquence énergétique

Aucune source nouvelle ne coûte le prix du tarif patrimonial hérité des grands barrages. Le programme le dit franchement et ordonne les sources selon ce qu'elles livrent, et quand.

SourceCoûtDisponibleRôle
Suréquipement des centrales existantesLe plus basAvant 2035Ajouter des turbines là où barrages et réservoirs existent déjà
Éolien6 à 8 ¢/kWh3 à 4 ans par parcLe volume à court terme, mais non pilotable
Nouveau barrage, Petit Mécatinaenviron 6,4 ¢/kWh, environ 7 G$ pour 1 500 MWDébut des années 2040Du volume stockable et pilotable
Nucléaire, site de Gentilly ou petits réacteurs12 à 20 ¢/kWh2036 au plus tôtÀ l'étude : production continue, près de la demande, sans inonder de territoire

Le Québec relance donc l'étude d'un nouveau grand barrage et évalue le site de Gentilly, sans en promettre la construction avant d'avoir les chiffres. Une étude commandée par Hydro-Québec conclut qu'aucune barrière majeure n'empêche le redémarrage de Gentilly-2, fermée en 2012.

Coût et financement

À chiffrer, en bonne partie par des investissements privés et par les tarifs d'électricité.

Échéancier

À fixer selon le plan de production d'Hydro-Québec.

Risques et objections

L'électricité vendue aux centres de données ne sert pas aux ménages ni à l'industrie, et ces centres créent peu d'emplois par mégawatt. Il faut montrer les retombées locales : emplois, revenus, souveraineté numérique.

Commenter la mesure 3.1

3.2 Intelligence artificielle, quantique et État automatisé

Objectif

Automatiser 80 % des tâches administratives de l'État et bâtir une expertise nationale en IA et en informatique quantique.

Moyens

Coût et financement

L'investissement initial est à chiffrer ; les économies en masse salariale le financent à moyen terme.

Échéancier

Sur dix ans ou plus, par étapes mesurées.

Risques et objections

Les pertes d'emplois, qui exigent un plan de transition ; les conventions collectives de la fonction publique ; les erreurs de l'IA dans des décisions administratives.

Commenter la mesure 3.2

3.3 Robotique et automatisation

Objectif

Compenser la baisse de main-d'œuvre et hausser la productivité dans l'agriculture, la fabrication, la filière batterie et véhicules électriques, et les soins.

Moyens

PalierTâchesHorizon
1Tâches administratives, saisie, traitement de dossiers, service à la clientèleDès le premier mandat
2Logistique, entrepôts, fabrication répétitive, tri, récolte2 à 5 ans
3Assistance en soins : levage de patients, distribution des médicaments, surveillance de nuit5 à 10 ans
4Soins humains directs, métiers spécialisés, décisions complexesPlus de 10 ans, partiel

Chaque année, l'ISQ mesure les besoins de main-d'œuvre par secteur et les postes réellement comblés par l'automatisation. Les permis de travail temporaires (2.1) comblent l'écart restant, secteur par secteur, et leur nombre baisse à mesure que l'automatisation progresse, jamais avant. Aucun travailleur n'est retiré d'un secteur avant que la machine soit en place.

Coût et financement

À chiffrer.

Échéancier

À fixer.

Risques et objections

Commenter la mesure 3.3

3.4 Actifs réels tokenisés et registre foncier

Objectif

Inscrire la propriété immobilière dans un registre d'État infalsifiable, réduire les frais et les délais de transaction, et ouvrir une voie d'accès à la propriété pour les locataires.

Moyens

Coût et financement

À chiffrer. Le registre remplace des processus qui existent déjà au Registre foncier du Québec et réduit les frais de transaction pour les citoyens.

Échéancier

Le registre foncier dès le premier mandat, puisqu'il relève des pouvoirs actuels du Québec. Les deux autres volets suivent l'adoption du cadre réglementaire.

Risques et objections

Commenter la mesure 3.4

3.5 Ressources naturelles et fonds souverain

Objectif

Tirer de chaque ressource naturelle tout ce qu'elle peut rapporter, et en garder la valeur pour cent ans. Les gisements s'épuisent ; le fonds qu'ils alimentent reste.

Moyens

Coût et financement

À chiffrer. Les infrastructures nordiques sont la dépense principale ; les redevances alimentent le fonds. Les taux de redevance restent à fixer.

Échéancier

Dès le premier mandat pour le fonds, les redevances, la copropriété autochtone, les hydrocarbures terrestres et la forêt, qui relèvent déjà du Québec. À l'indépendance pour Old Harry et le golfe.

Risques et objections

Commenter la mesure 3.5

Axe 4 — Fiscalité et monnaie

4.1 Abolition de l'impôt sur le revenu et taxe à la consommation

Objectif

Abolir l'impôt sur le revenu des particuliers et des entreprises dont le chiffre d'affaires est inférieur à 1 G$, et financer l'État par une taxe unique à la consommation. Chaque ménage récupère la taxe payée sur ses dépenses de base, selon sa composition : 12 000 $ par adulte, 20 000 $ par enfant et 2 000 $ de plus par étudiant à temps plein, l'alimentation étant comprise dans ces montants, mesurés au prix payé, taxe comprise. Au-delà, il paie le plein taux.

Principe

Une seule taxe, payée par l'acheteur final. Les entreprises déduisent la taxe payée sur ce qui sert à produire, à l'exception d'une cotisation de solidarité de 3 %, et aucune PME ne produit de déclaration de taxes.

Moyens

Pourquoi les entreprises déduisent la taxe

Elles ne reçoivent pas de cadeau : elles font un décompte. Une entreprise perçoit la taxe sur ses ventes, déduit celle qu'elle a payée sur ses achats et remet la différence, soit la taxe sur la valeur qu'elle a ajoutée. Elle est percepteur, pas contribuable. Le crédit versé aux particuliers, lui, est une redistribution : de l'argent qui sort de l'État. Seule exception : la cotisation de solidarité, qui laisse 3 % de la taxe non déductible, sauf sur ce qui sert aux exportations.

Sans déduction, la taxe se taxerait elle-même. Exemple d'une chaîne où un producteur vend 100 $ de blé, un boulanger ajoute 100 $ de valeur et un épicier 100 $ de plus :

Avec déductionSans déduction
Prix payé par le consommateur749 $2 432 $
Taxe totale perçue449 $2 132 $
Taux réel sur le prix final60,0 %88 %

Trois conséquences si l'on supprimait la déduction : une grande entreprise intégrée, qui ne compte qu'une seule étape, vendrait le même produit moitié prix qu'une chaîne de trois PME ; un produit importé, n'ayant qu'une seule étape taxable au Québec, battrait le produit fabriqué ici ; et nos exportations partiraient à l'étranger avec une taxe cachée dans leur prix. C'est le défaut que le Canada a corrigé en 1991 en remplaçant la taxe de vente des fabricants par la TPS.

Coût et financement

Environ 117 G$ d'impôts sur le revenu et 35,7 G$ de TPS et de TVQ à remplacer (Statistique Canada, 2024), 27 G$ d'écart avec Ottawa au haut de la fourchette de la 0.1, environ 73 G$ de crédit universel, dont 9,6 G$ remplacent l'Allocation famille et l'Allocation canadienne pour enfants, environ 18,6 G$ de supplément pour les adultes à faible revenu, dont 3,7 G$ remplacent le crédit pour la TPS et le crédit d'impôt pour solidarité, et de 1 à 2 G$ de gratuité universitaire (4.3). Ils sont financés par l'impôt des grands groupes, d'environ 10 G$, par la cotisation de solidarité des entreprises, d'environ 15 G$, et par la taxe à la consommation, à environ 60,0 % du prix final (environ 150 % ajouté au prix hors taxe).

Concrètement : sur un produit de 100 $ avant taxe, le prix payé est de 250 $, dont 150 $ de taxe. La taxe représente donc 60 % du prix payé. Aujourd'hui, la TPS et la TVQ représentent 13 % du prix payé : 115 $ pour un produit de 100 $. Le calcul complet pour une famille, qui tient compte du crédit, de l'impôt sur le revenu aboli et des allocations remplacées, est détaillé plus bas.

Simulation du taux selon la taille des paniers (approximatif)

Paniers adulte / enfant / étudiantTaux (% du prix final)Ajouté au prix hors taxeCrédit par adulte, par moisCoût du crédit
8 000 / 20 000 / 2 000 $58,0 %138 %387 $53 G$
10 000 / 20 000 / 2 000 $59,0 %144 %492 $63 G$
12 000 / 20 000 / 2 000 $ (retenu)60,0 %150 %600 $73 G$
14 000 / 20 000 / 2 000 $60,9 %156 %711 $83 G$

Hypothèses : les dépenses de consommation des ménages québécois tournent autour de 289 G$ par an (ISQ, 2026), soit environ 252 G$ hors TPS et TVQ. La base taxable retenue en est 85 %, après exclusion du loyer imputé aux propriétaires et des services financiers, moins environ 17 G$ de loyers résidentiels et 13 G$ de médicaments, d'appareils médicaux et de soins détaxés. L'évitement (achats hors Québec, travail au noir) réduit encore la base de 15 % aux taux simulés, soit le plafond retenu par le modèle. La cotisation de solidarité fait monter les prix avant taxe d'environ 2,2 % ; l'exemple familial en tient compte. Population : environ 7,4 millions d'adultes, 1,6 million d'enfants et 375 000 étudiants à temps plein.

Validation des paniers : les paniers sont exprimés au prix payé, taxe comprise. Mesurés aux prix d'aujourd'hui, ils valent environ 5 400 $ d'achats par adulte et 9 000 $ par enfant. Le panier adulte couvre donc environ 17 % des dépenses d'un adulte moyen, qui consomme environ 32 000 $ par an ; les adultes à faible revenu reçoivent en plus le supplément. Le panier enfant couvre l'essentiel des dépenses propres à l'enfant (alimentation, vêtements, fournitures), le logement étant compté dans le panier des parents.

Sortir le logement de la taxe coûte environ 2,3 points, détaxer les médicaments, les appareils médicaux et les soins environ 1,9 point de plus, rehausser le panier pour couvrir l'alimentation environ 1,2 point, porter le panier enfant à 20 000 $ environ 1,5 point, et ajouter le supplément pour les adultes à faible revenu, financé en grande partie par la cotisation de solidarité des entreprises, environ 0,4 point : le taux passe d'environ 52,7 % à environ 60,0 % du prix final. C'est le prix à payer pour que ni le loyer ni l'achat d'une maison ne soient taxés. Le logement reste taxé par les municipalités, dont les taxes foncières rapportent 15,0 G$ par an et les droits de mutation 1,3 G$ (2024).

Exemple : un couple avec deux enfants

Il reçoit environ 3 200 $ par mois, soit 38 400 $ par an, quoi qu'il dépense. Pour comparer avec sa situation, on mesure ses achats taxables aux prix d'aujourd'hui, TPS et TVQ comprises. Le calcul se fait en quatre étapes : on retire la TPS et la TVQ (on divise par 1,14975) pour obtenir le prix avant taxe ; on augmente ce prix d'environ 2,2 % pour l'effet de la cotisation de solidarité ; on applique la nouvelle taxe de 150 % ; on soustrait le crédit. Le logement n'entre pas dans ce calcul, puisqu'il n'est pas taxé.

Achats taxables par an, aux prix d'aujourd'huiTPS et TVQ aujourd'huiTaxe avec le programmeCrédit reçuTaxe nette
20 000 $2 600 $26 600 $38 400 $gain de 11 800 $
28 800 $3 800 $38 400 $38 400 $équilibre
40 000 $5 200 $53 200 $38 400 $14 800 $ payés
50 000 $6 500 $66 500 $38 400 $28 100 $ payés

Mais la famille ne paie plus d'impôt sur le revenu, et elle ne reçoit plus l'Allocation famille ni l'Allocation canadienne pour enfants, que le crédit remplace. Le bilan dépend donc de son revenu :

Revenu familialImpôt sur le revenu aujourd'huiAllocations familiales aujourd'huiLa famille y gagne si ses achats taxables restent sous
60 000 $5 200 $16 400 $22 600 $
100 000 $15 500 $10 900 $35 800 $
138 000 $27 300 $7 200 $48 700 $

Calcul approximatif : impôt sur le revenu fédéral et québécois de 2025 pour un couple dont les revenus de travail sont partagés 60 / 40, et allocations 2025-2026 pour deux enfants de 6 à 17 ans. À valider avec les simulateurs officiels.

Échéancier

Après l'indépendance, par étapes.

Risques et objections

Commenter la mesure 4.1

4.2 Dollar québécois en caisse d'émission

Objectif

Une monnaie nationale crédible et stable, entièrement couverte par des réserves qui rapportent.

Moyens

ActifPartJustification
Obligations du Trésor américain45 %Les États-Unis achètent environ 73 % des exportations internationales du Québec et environ 43 % de toutes ses ventes hors Québec
Obligations du gouvernement du Canada35 %Le reste du Canada achète presque autant au Québec que les États-Unis : environ 89 G$ contre 91 G$
Obligations de la zone euro10 %L'Europe est le troisième marché (environ 11 % des exportations internationales) et diversifie le panier
Obligations britanniques et japonaises5 %Déjà détenues dans les réserves canadiennes : aucune conversion à faire
Or5 %Symbole de solidité ; à acheter, le Canada ne détenant plus d'or
Bitcoin+10 %Réserve excédentaire, en plus de la couverture de 100 %

Réserves disponibles : les réserves de change liquides du Canada totalisaient 96,5 G$ US au 30 juin 2026, soit 66,0 G$ en dollars américains, 16,0 G$ en euros, 8,3 G$ en livres et 6,3 G$ en yens, sans or. La part du Québec, d'environ 22 %, représente environ 21 G$ US, soit environ 29 G$ CA. Elle couvre les billets à remplacer : 122 G$ de billets de la Banque du Canada circulaient au 30 septembre 2025, dont environ 27 G$ au Québec selon son poids démographique (approximatif). Les droits de tirage spéciaux et la position au FMI, environ 28 G$ US, ne sont pas transférables : ils dépendent de l'adhésion du Québec au FMI.

Coût et financement

Aucun achat d'obligations au départ. La part du Québec dans les réserves de change liquides du Canada, environ 29 G$ CA, couvre les quelque 27 G$ de billets à remplacer. Seuls l'or (environ 1,4 G$) et le Bitcoin (environ 2,7 G$) sont à acheter. Les intérêts des obligations génèrent un revenu pour l'État, qui finance la dotation des nouveau-nés (2.2). La réserve en Bitcoin est achetée graduellement selon un calendrier public, comme pour la dotation (2.2).

Échéancier

Le dollar canadien est conservé pendant la transition. Le dollar québécois est lancé dès que les réserves sont transférées.

Risques et objections

Commenter la mesure 4.2

4.3 Éducation

Objectif

Que la taxe à la consommation n'alourdisse pas le coût des études.

Moyens

Coût et financement

De 1 à 2 G$ par an pour la gratuité universitaire (approximatif, à chiffrer), inclus dans le taux de la taxe à la consommation (4.1).

Échéancier

Dès l'abolition de l'impôt.

Risques et objections

La hausse du nombre d'inscriptions et la pression sur le financement des universités. Les places et le financement par étudiant doivent être prévus dans le budget.

Commenter la mesure 4.3

Axe 5 — Solidarité

5.1 Refuges dans les usines abandonnées

Objectif

Offrir un toit aux personnes itinérantes et démunies en réutilisant des bâtiments industriels vacants.

Moyens

Coût et financement

À chiffrer. La décontamination et la mise aux normes peuvent coûter plus cher qu'une construction neuve.

Échéancier

Projets pilotes dans deux ou trois villes.

Risques et objections

L'isolement des sites et l'acceptabilité sociale des quartiers. Les données sur l'approche « Logement d'abord » sont plus solides que celles sur les grands refuges.

Commenter la mesure 5.1

5.2 Résidences pour aînés annexées aux hôpitaux

Objectif

Rapprocher les aînés des soins et libérer les lits d'hôpitaux occupés par des patients en attente d'hébergement.

Moyens

Coût et financement

À chiffrer.

Échéancier

À fixer selon l'espace disponible par hôpital.

Risques et objections

Commenter la mesure 5.2

5.3 Plafond des hausses de loyer

Objectif

Protéger les locataires contre les hausses abusives, en rendant obligatoire le taux que le Tribunal administratif du logement (TAL) calcule chaque année. Environ 40 % des ménages québécois sont locataires : le taux de propriété était de 59,9 % en 2021 (Statistique Canada).

Moyens

Coût et financement

Faible. La formule existe et le TAL la calcule déjà. Les demandes d'autorisation au-delà du plafond ajoutent des dossiers au Tribunal : à chiffrer.

Échéancier

Dès le premier mandat. Le bail et le TAL relèvent du Code civil du Québec.

Risques et objections

Commenter la mesure 5.3

Axe 6 — Santé

Les dépenses de santé au Québec atteignent environ 81 G$ par an, dont 59 G$ de fonds publics (2024). C'est le premier poste de l'État. La Loi canadienne sur la santé impose aujourd'hui cinq conditions au Québec sous peine de couper ses transferts ; elle cesse de s'appliquer à l'indépendance, ce qui ouvre le choix du modèle, comme en Suisse, aux Pays-Bas ou en Allemagne.

6.1 Chèque santé universel

Objectif

Remplacer le monopole public d'assurance par une assurance de base obligatoire, financée par un chèque identique pour chaque citoyen, afin que la concurrence porte sur les délais et la qualité du service.

Moyens

Coût et financement

Environ 59 G$ par an, soit le coût actuel du réseau public. Ce n'est pas une dépense nouvelle mais une substitution : l'argent qui finance aujourd'hui la RAMQ et les établissements finance le chèque. Aucun effet sur le taux de la taxe à la consommation.

Échéancier

Après l'indépendance, puisque la Loi canadienne sur la santé l'interdit aujourd'hui. Transition sur au moins cinq ans, avec période où la couverture publique subsiste en parallèle.

Risques et objections

Commenter la mesure 6.1

6.2 Accès à la première ligne

Objectif

Une porte d'entrée pour chaque personne, médecin de famille ou infirmière praticienne, et la fin des heures d'attente pour un problème courant.

Moyens

Échéancier

Dès le premier mandat, dans les pouvoirs actuels du Québec.

Risques et objections

La résistance des ordres professionnels aux élargissements de pratique, et le risque d'erreur d'un triage automatisé, d'où la décision humaine finale.

Commenter la mesure 6.2

6.3 Allègement administratif par l'intelligence artificielle

Objectif

Rendre du temps clinique aux soignants sans embaucher, en automatisant la paperasse plutôt que le soin.

Moyens

Échéancier

Dès le premier mandat.

Risques et objections

La protection des renseignements de santé, les erreurs de transcription et la dépendance à un fournisseur unique. Le dossier demeure propriété de l'État et du patient, en formats ouverts.

Commenter la mesure 6.3

6.4 Transparence des résultats

Objectif

Rendre les délais réels publics, par établissement, en temps réel.

Moyens

Échéancier

Dès le premier mandat.

Risques et objections

La tentation de classer les cas autrement pour améliorer les chiffres. Définitions fixées par la loi et vérification par le Vérificateur général.

Commenter la mesure 6.4

6.5 Main-d'œuvre soignante

Objectif

Former et retenir le personnel, puisque les renforts ne viendront plus de l'immigration permanente (2.1).

Moyens

Échéancier

Dès le premier mandat.

Risques et objections

La formation prend de trois à dix ans selon la profession. C'est la contrainte la plus dure du programme et elle doit être dite franchement.

Commenter la mesure 6.5

6.6 Prévention

Objectif

Réduire la demande de soins plutôt que d'en augmenter l'offre indéfiniment.

Moyens

Coût et financement

À chiffrer ; c'est la seule dépense en santé qui en fait baisser d'autres.

Échéancier

Dès le premier mandat.

Risques et objections

Commenter la mesure 6.6

Axe 7 — Langue

Le français est la raison d'être du projet national. La Charte de la langue française est aujourd'hui bornée par l'article 133 de la Loi constitutionnelle de 1867, qui impose le bilinguisme des lois et des tribunaux, et par l'article 23 de la Charte canadienne, qui encadre l'accès à l'école anglaise. Un Québec souverain fixe lui-même ces règles dans sa propre constitution.

7.1 Le français, seule langue officielle

Objectif

Faire du français la langue de l'État, du travail, du commerce et de l'espace public, et l'inscrire dans la constitution du Québec.

Moyens

Coût et financement

Faible. La mesure est législative et constitutionnelle.

Échéancier

Le français seule langue officielle, l'anglais langue reconnue et les garanties de ses institutions entrent dans la constitution adoptée trois mois après l'élection (0.1). À l'indépendance s'ajoute la fin du bilinguisme législatif imposé par l'article 133.

Risques et objections

Commenter la mesure 7.1

7.2 Langue de travail et allègement des procédures

Objectif

Travailler en français dans toutes les entreprises, sans alourdir la vie des PME.

Moyens

Coût et financement

À chiffrer ; le guichet unique et les gabarits remplacent des vérifications au cas par cas.

Échéancier

Dès le premier mandat.

Risques et objections

La charge pour les petites entreprises, d'où les gabarits et le guichet unique ; la difficulté de tracer la frontière de la « nécessité démontrée » pour l'anglais.

Commenter la mesure 7.2

7.3 Francisation des travailleurs temporaires

Objectif

Que l'immigration temporaire prévue à la 2.1 n'affaiblisse pas le français.

Moyens

Coût et financement

À chiffrer, selon le nombre de permis en vigueur.

Échéancier

Dès le premier mandat pour les volets que le Québec contrôle déjà, pleinement à l'indépendance.

Risques et objections

Exiger le français dès l'entrée assécherait le bassin de préposés et de soignants dont dépendent la 5.2 et la 6.5. C'est pourquoi l'exigence porte sur le renouvellement.

Commenter la mesure 7.3

7.4 Éducation : le français, et l'anglais comme langue seconde

Objectif

Étudier en français, et sortir du secondaire réellement capable de travailler en anglais.

Moyens

Coût et financement

À chiffrer ; le renforcement de l'anglais langue seconde est la part la plus coûteuse.

Échéancier

Dès le premier mandat.

Risques et objections

Commenter la mesure 7.4

7.5 Le français numérique

Objectif

Faire du français un actif technologique plutôt qu'une contrainte, en utilisant l'énergie et l'expertise de l'axe 3.

Moyens

Coût et financement

Inclus dans l'institut national (3.2).

Échéancier

Dès le premier mandat.

Risques et objections

La concurrence des grands modèles anglophones, dotés de moyens sans comparaison. Notre réponse : le marché visé est la francophonie, soit plus de 300 millions de locuteurs, où le Québec a une avance en recherche.

Commenter la mesure 7.5

7.6 Mesure publique de la situation du français

Objectif

Piloter la politique linguistique avec des données publiques plutôt qu'avec des impressions.

Moyens

Coût et financement

Négligeable ; les enquêtes existent déjà.

Échéancier

Dès le premier mandat.

Risques et objections

Les données autodéclarées et les différences de méthode avec le recensement rendent les comparaisons délicates. Les définitions doivent être fixées avant la publication des cibles.

Commenter la mesure 7.6

Axe 8 — Environnement

Le Québec a émis 78,0 Mt éq. CO2 en 2023, sur 57 100 Mt dans le monde : environ 0,14 % des émissions mondiales. La Chine en émet 30 % et les États-Unis 11 %. Son électricité, presque entièrement hydraulique, est déjà parmi les plus propres au monde. Ce que le Québec fait seul ne change pas le climat ; ce qu'il s'impose seul pèse sur ses entreprises et ses ménages.

8.1 Sortie du marché du carbone et règle de réciprocité

Objectif

Ne jamais imposer aux Québécois une contrainte climatique plus lourde que celle des grands émetteurs avec qui ils commercent.

Moyens

Coût et financement

L'État renonce aux revenus du marché du carbone, soit 1,3 G$ en 2024-2025 et 1,5 G$ l'année précédente. Le même montant reste dans les poches des ménages et des entreprises. Les droits d'émission déjà achetés par les entreprises doivent être remboursés ou rachetés : montant à chiffrer.

Échéancier

À l'indépendance. Avant, abolir le marché ferait appliquer à l'industrie québécoise le régime fédéral de tarification du carbone.

Risques et objections

Commenter la mesure 8.1

Axe 9 — Défense

À l'indépendance, le Québec hérite de la défense, jusqu'ici fédérale (voir 0.1). Il doit protéger un territoire d'environ 1,7 million de km², avec un accès à l'Arctique par le Nunavik, et faire face à des catastrophes de plus en plus fréquentes : feux de forêt, inondations, verglas.

9.1 Service national d'un an

Objectif

Que chaque citoyen sache défendre le pays et protéger la population en cas de catastrophe, et qu'il en sorte avec un métier.

Moyens

Coût et financement

À chiffrer : solde, logement, encadrement et équipement de toute une cohorte chaque année. Financé par le budget de la défense récupéré d'Ottawa à l'indépendance (voir 0.1).

Échéancier

À l'indépendance, une fois les forces québécoises créées. Première cohorte à la fin de la transition.

Risques et objections

Commenter la mesure 9.1

Premier mandat : ce que nous livrons dans les pouvoirs actuels du Québec

Plus de la moitié du programme relève déjà des compétences du Québec. Un gouvernement du parti l'applique dès le premier jour, sans attendre l'indépendance. La souveraineté permet ensuite d'aller plus loin.

Faisable dès le premier mandatExige l'indépendance
0.1 Constitution québécoise0.1 Souveraineté
1.1 Plateforme référendaire (projet pilote)2.1 Fin de l'immigration permanente (le Québec sélectionne déjà ses immigrants économiques)
1.2 Rémunération des élus (loi adoptée au premier mandat, appliquée au mandat suivant)2.2 Dotation Bitcoin, financée par la caisse d'émission (4.2)
1.3 Protection du vote3.5 Gisement extracôtier Old Harry
3.1 Centres de données4.1 Abolition de l'impôt sur le revenu
3.2 État automatisé4.2 Dollar québécois
3.3 Robotique et 3.4 registre foncier tokenisé4.3 Gratuité universitaire, financée par la taxe à la consommation (4.1)
3.5 Fonds souverain, redevances, hydrocarbures terrestres, forêt6.1 Chèque santé universel, que la Loi canadienne sur la santé interdit aujourd'hui
5.1 Refuges7.1 Fin du bilinguisme législatif imposé par l'article 133
5.2 Résidences pour aînés et 5.3 plafond des hausses de loyer8.1 Sortie du marché du carbone
6.2 à 6.6 Accès, IA clinique, transparence, main-d'œuvre, prévention9.1 Service national d'un an
7.1 Français seule langue officielle et anglais langue reconnue, dans la constitution ; 7.2 à 7.6 Langue de travail, francisation, éducation, français numérique, mesure publique

Notre message : nous livrons dès le premier jour, et la souveraineté nous permettra d'aller plus loin.

Cadre financier

Sept mesures ont maintenant un coût estimé ; les autres doivent être chiffrées avant publication. Tous les montants sont approximatifs.

MesureCoût annuel estiméSource de financement
0.1 SouverainetéÉcart de départ de 16 à 27 G$ par an (contesté), intérêts sur la part de la dette compris (Statistique Canada, 2024)Taxe à la consommation : les 27 G$ du haut de la fourchette sont compris dans le taux de la 4.1 ; fin des chevauchements
2.2 Dotation Bitcoin38 M$ la 1re année, jusqu'à 800 M$ la 21eIntérêts des réserves de la caisse d'émission (4.2)
4.1 Impôts abolisEnviron 117 G$ d'impôts sur le revenu et 35,7 G$ de TPS et de TVQ à remplacerTaxe à la consommation (environ 60,0 % du prix final)
4.1 Crédit universelEnviron 73 G$ (adultes, enfants, étudiants), dont 9,6 G$ remplacent les allocations familiales actuelles, plus environ 18,6 G$ de supplément pour les adultes à faible revenuImpôt des grands groupes (environ 10 G$), cotisation de solidarité des entreprises (environ 15 G$) et taxe à la consommation
4.2 Dollar québécoisAucun achat d'obligations ; environ 2,7 G$ de Bitcoin et 1,4 G$ d'or achetés graduellementRéserves de change canadiennes transférées
4.3 Gratuité universitaireDe 1 à 2 G$Taxe à la consommation
6.1 Chèque santé universelEnviron 59 G$, en substitution des dépenses actuelles du réseauBudget actuel de la santé ; aucun effet sur le taux de taxe
1.1, 2.1, 3.1, 3.2, 3.3, 3.4, 3.5, 5.1, 5.2, 5.3, 6.2 à 6.6, 7.2 à 7.5, 9.1À chiffrerÀ déterminer
8.1 Sortie du marché du carboneRevenus perdus d'environ 1,3 G$ par an (2024-2025), plus le rachat des droits détenus, à chiffrerRévision des programmes du Fonds d'électrification et de changements climatiques

À trancher et à valider avant publication

Sources